nov 11
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Le bleu de la SHTSF (suite)
Les vacances sont passées, et depuis pas mal de temps, mais voilà, je me prélasse dans cette arrière saison qui n’en finit pas de jouer les étés à reculons.
Bon c’est pas tout ça, je vous avais laissé avec la construction future du poste antique, donc je reprends la plume, pardon, le clavier.
D’abord on repose le contexte : on est une bande d’anciens rétro-actifs qui essayons de comprendre la TSF, un maître ( mètre quatre-vingt comme aurait dit un de nos récents disparus), essaie de nous faire entrer dans le crâne la théorie nécessaire à la compréhension et comme un « tiens vaut mieux que deux tu l’auras », notre mentor nous fait faire de petites réalisations qui matérialisent la chose, d’où, après le signal- tracer, le poste antique.
Mais avant revenons un peu sur la théorie. Une Loi essentielle de l’électricité et par conséquent de l’électronique est la Loi d’ Ohm. Ohm, pas « Homme », ce dernier étant recherché par un alcoolique nommé Diogène qui vivait dans un tonneau par commodité et avait des problèmes de vue qui l’amenaient à se balader avec une lanterne en plein jour !
Non, notre homme Ohm à Nous était Allemand ; déjà ça pose, ça fait plus sérieux. Il se prénommait Georg et était né en 1789, ce qui était déjà révolutionnaire. Jeune homme il eut une vie épicurienne qui fâcha son père et amena ce dernier à l’expédier en Suisse, non pas pour les coucous mais pour y être professeur de mathématiques. Il revint en Empire Germanique et restera enseignant jusqu’en 1817 où sa carrière s’oriente sur la physique à Cologne dans une école possédant un laboratoire.
Déclic après des claques, il se tourne vers la physique expérimentale qu’il enseignera jusqu’à sa mort à Munich.
En 1827 il sort un bouquin diversement accueilli appelé « im Frankreich » « Le circuit galvanique étudié mathématiquement. » Dedans, la théorie complète sur l’électricité et la formule essentielle qui nous occupe :
U = R I
Pour les ignares en électronique dont je faisais partie il y a encore peu, U = la différence de potentiel entre deux points d’un circuit, pour faire simple, les Volts ( Ya Volt !), R = la résistance en Ohms ( toujours lui) et I= en Ampères.
N’oubliez pas que notre quidam était mathématicien donc la formule peut se permuter U/R=I ; U/I=R.
Un dernier protagoniste appelé Watt a donné son nom à la puissance et la formule devient P=UI, je vous laisse le soin de permuter tout cela ; j’ai personnellement 12 déclinaisons pour trouver une valeur à partir des autres et vice-versa.
Donc notre petit « bon Ohm » a donné son nom à la résistance, qui comme son titre l’indique résiste au passage du courant comme un rétrécissement dans un tuyau d’arrosage. Qui s’oppose au passage du courant disperse de l’énergie sous forme de chaleur ( comme les freins d’une voiture transforme l’énergie cinétique en chauffant pour diminuer l’élan et arrêter l’engin). Donc si ça chauffe ça peut aussi cramer, attention à la puissance de dispersion.
Les résistances ça se monte soit en série – à la queue leu leu- et là tout va bien on additionne bêtement en faisant attention aux unités ( u, kilo, méga …). Là où cela se corse comme aurait dit Napoléon, c’est quand on les monte en parallèle, les unes reliées à côté des autres, alors on pose un postulat que 1/r ( ce que l’on cherche) est égal à la somme des fractions 1 dominé par chacune des résistances :
1/R = 1/r1 + 1/r2…..etc et là il faut se souvenir des ses fractions, dénominateur commun et tout le toutim sans oublier les unités, je vois que vous m’avez compris !
Un bon mal de crâne en perspective ; chez moi rien à craindre, il n’y a qu’un neurone alors il a de la place.
On reparlera des condensateurs un autre jour, très sympathique aussi cet élément ….
Donc en ayant ces quelques bases appuyées de moult exercices nous avons le droit de rêver à notre poste à tube, et oui à tube, un vrai !Voila les plans qui arrivent et du boulot en perspective.
D’abord, la chasse aux boîtes ( qui doivent tout contenir, être style « art déco » en bois d’arbre si possible verni …..
La quête aux écouteurs de 2000 ohms ( et oui toujours là) est aussi facile que de trouver un cercueil à trois places, là merci Hervé et Ebay où un nostalgique vend des ex-surplus de l’armée.
Un lundi, notre chef ( comment on fait pour être chef, chef ? Toujours notre disparu) déboule avec son sourire des grands jours un chouïa sarcastique : « Voilà un plan, des plaques de plastique et du fil émaillé » Faut faire les deux bobines de la réaction qui ressemblent, en plus grand, aux bobines de fil à repriser DMC de nos grands-parents.
Un ange passe : flop, flop, flop…
De retour chez moi, je bénis Mr Epson qui a inventé l’imprimante et le papier adhésif imprimable, on colle le dessin transféré sur le plastique, on taille pour obtenir une sorte d’hélice multipale.
Et on bobine, comme au tricot, dessus, dessous jusqu’au bout du fil. On revient le lundi suivant pour montrer son résultat et passer aux deux contrôleurs, oui, 2, le prof. et l’appareil.
Si cela se passe bien on continue en imaginant un petit dispositif qui approche la bobine mobile de la fixe pour faire la réaction et là merci à l’inventeur du parquet pour ces petites lames articulées avec de la boulonnerie. Il y a des fils partout, 2 coroles sur la boîte et on va chercher le matériel complémentaire auprès d’Alain Picsou.
Autour de nous la vie du club continue ; Patrice l’actif et Alain la blouse persistent à ranger notre stock qui sera bientôt très abondé, et attention quand on va se servir ! Maurice continue de modifier, Claude nous amène des ancêtres qu’on ne savait même pas qu’ils existaient, Gérard nous présente une noria de petits montages instructifs et ingénieux, Christian notre »rossignol » de la Risle siffle toujours dès qu’il trouve un micro compatissant et perfectionne son ampli à tubes après celui Made In USA, nous, les « bleus »nous intervenons, guidés, sur nos anciens récepteurs entre deux cours pendant que Philippe se morfond car notre sortie à Aqua Caux n’a pu avoir lieu pour cause de temps très mauvais, orage prévu non négociable avec l’antenne à moins d’avoir des tendances suicidaires. A la fin on a rappliqué au club avec nos casse-croûtes et les Olds Men ont pu moduler à partir de l’Association qui fête ses 90 ans près une réunion mémorable autour d’une pizza.
Nous partons sur la pointe des pieds n’ayant pas les capacités d’émission et nous retrouvons notre schéma, notre boîte, notre matos et il va falloir s’y mettre, mais cela fera l’objet d’un autre article si vous le voulez bien ….

